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Des étudiants prennent part au rayonnement de l’art québécois

mardi 5 mai 2020

Pour leur projet de fin de session en histoire de l’art, les finissants et finissantes en Sciences, lettres et arts du Cégep de Trois-Rivières prennent activement et concrètement part au rayonnement de l’art du Québec. Assistés de leur enseignante Valérie Fiset et de Nathalie Thibault, archiviste au Musée national des beaux-arts du Québec, les étudiants documentent et analysent des œuvres de notre patrimoine artistique à des fins de publication.

Au terme de la session, leur travail servira à la création de 19 nouvelles fiches informatives qui seront mises en ligne via l’encyclopédie libre Wikipédia. Les amateurs d’art de partout sur la planète pourront ainsi découvrir des œuvres québécoises. Cette plateforme étant contributive, il sera intéressant pour les étudiants de voir évoluer leur fiche dans le temps. Leur projet de fin session continuera ainsi à « vivre » après leur passage au cégep, une perspective stimulante!

Voici un exemple de fiche descriptive préparée par Ève Beauchesne et Victor Beaudet qui dressent un portrait sensible et touchant de ce chômeur dépeint par Ernst Neumann en 1933.

« L’œuvre ne comporte qu’un vieil homme recroquevillé sur lui-même, fatigué par les années. Il est habillé de manière peu luxueuse, porte un chapeau et s’appuie sur une canne simple, sans décorations. Ses habits sont peu détaillés à l’exception des plis qui sont mis de l’avant grâce à d’importants contrastes d’ombres et de lumières. Ses souliers sont en piteux état, car les semelles en sont décollées et son chapeau a l’air usé. Les sources de lumière sont multiples et les ombres qu’elles projettent ne correspondent pas aux emplacements qu’elles devraient occuper. Elles cachent le haut du visage de l’homme, celui-ci ayant déjà peu de traits faciaux. Cela met en évidence son anonymat et le chômeur ne peut donc pas être identifié. La composition pyramidale de l’image met également l’emphase sur l’impossibilité de discerner qui est le personnage puisque sa tête est le centre d’intérêt de l’œuvre et qu’elle n’est pas reconnaissable. Les traits de gravure sont secs et parallèles ce qui rend l’œuvre oblique par rapport au regard de l’observateur. Ensuite, son regard filtrant de ses yeux légèrement entrouverts regardant vers l’horizon montre le peu d’éléments près de lui. Aussi, cette personne est installée dans un environnement épuré à l’extrême. N’ayant que de légères lignes d’ombre pour montrer le niveau du sol et son petit banc de fortune, le chômeur ressort vraiment du fond qui est vide de tout autre objet. Tous les éléments sont présents en un seul bloc, le reste se démarquant par une absence d’éléments. »


Ernst Neumann, Chômeur no. 5, 1933, lithographie. MNBAQ