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Lundi 23 mars 2026

Avec le souci constant de soutenir la réussite et la persévérance scolaire des étudiants et étudiantes autochtones et de leur offrir un environnement culturellement sécurisant, le Cégep a déployé l’automne dernier un cours de philosophie spécialement développé pour eux. Ce cours est une initiative du département de Philosophie, porté par son Comité pour les étudiants·es autochtones. L’enseignante Patricia Nourry a ensuite obtenu une libération pour adapter les plans cadres.

Depuis l’automne 2025, huit groupes de philosophie 101 et cinq groupes de philosophie 102 ont ainsi été offerts en mode décolonial. La formation de ces groupes se fait d’abord avec les étudiants autochtones rendus à cette étape de leur parcours. Les places restantes sont ensuite comblées par des étudiants et étudiantes provenant de trois programmes appelés à travailler directement auprès des communautés autochtones, soit Techniques policières, Techniques de soins infirmiers et Techniques de travail social.

Ce mode de constitution permet aux enseignants et enseignantes d’adapter le contenu à la réalité professionnelle de ces futurs intervenants et de valoriser le rôle essentiel qu’ils seront appelés à jouer.

Les bénéfices sont doubles : d’un côté on offre aux étudiants autochtones un espace sécurisant et un cours mieux adapté à leur réalité et de l’autre on sensibilise les étudiants non autochtones aux enjeux et visions du monde des Premiers peuples.

citation Philo

Un cours de philo décolonial, c’est quoi?

Concrètement, l’approche décoloniale se manifeste de plusieurs façons. Par exemple, afin de valoriser les cultures autochtones, les enseignants et enseignantes peuvent introduire des thèmes en lien avec les réalités autochtones ou encore des textes d’auteurs ou d’autrices issus des Premiers peuples. Cette diversification des perspectives permet d’éviter certains biais présents chez de grands penseurs traditionnellement étudiés en philosophie et ouvre la porte à des discussions riches et nuancées.

Les méthodes pédagogiques peuvent également être adaptées. Plutôt que de s’en tenir au schéma classique de la dissertation philosophique « thèse – antithèse – réfutation », les enseignants et enseignantes peuvent par exemple proposer des prises de position nuancées, un paragraphe de synthèse remplaçant celui de la réfutation, une approche privilégiant l’ouverture et le respect, en accord avec les façons de faire de plusieurs cultures autochtones.

Comme il s’agit d’un projet récent, les étudiantes et étudiants sont sondés à la fin de chaque session afin de mesurer leur appréciation. Jusqu’à maintenant, les commentaires sont très positifs, tant chez les étudiants autochtones que chez leurs collègues non autochtones.

Après quelques sessions, il sera possible de commencer à mesurer l’impact plus global sur la motivation et la réussite des étudiants autochtones.

Collaboration avec la communauté Atikamekw

Ce projet est né d’une démarche de consultation auprès des étudiants et de la communauté Atikamekw, menée en collaboration avec Emma Echaquan, agente de liaison Atikamekw au Cégep de Trois‑Rivières. Le plan‑cadre du cours a également été présenté aux Directions des services éducatifs Atikamekw des communautés de Manawan, Wemotaci et Opitciwan avant sa mise en œuvre.

Ce projet s’ajoute aux initiatives mises en place au Cégep de Trois-Rivières dans les dernières années, notamment :

  • Accueil personnalisé
  • Places réservées pour les candidats et candidates autochtones dans les programmes Techniques policières et Techniques de travail social
  • Stages en communautés autochtones en Travail social et en Soins infirmiers
  • Cours de langue Atikamekw maternelle en collaboration avec le Collège Kiuna
  • Regroupement des étudiants autochtones, ayant des cheminements identiques, dans un maximum de cours généraux et de formation spécifique
  • Activités de valorisation des cultures autochtones en cours d’année
  • Lieu d’échange et de rassemblement (local NIKANIK)
  • Et plusieurs autres